J’assume… pas.

Après le « être ou ne pas être », je lance le « être coupable ou ne pas être coupable ».

Ou, en d’autres termes : pourquoi les autres savent-ils mieux que moi ce qui est bon pour moi ?

Oui, j’avais envie de ce chocolat. Et alors ? Il aurait été bien meilleur si le nombre de calories, de matières grasses et ceux de ma balance restaient muets.

Oui, j’ai pris la voiture pour faire 500 mètres. Dois-je vraiment me justifier ? Eh bien, mon asthme au froid n’aurait pas supporté l’effort de grimper les escaliers en cette période d’ère glaciaire. Finalement, j’aurais quand même fini par prendre la voiture pour me rendre chez le toubib du coin et gober plein de médicaments ayant nécessité une tonne d’énergie grise pour qu’ils soient acheminés jusque vers moi. Sans parler de la pénurie et de l’inflation et de la guerre en Ukraine.

Oui, j’ai oublié d’éteindre la lumière. Même pas utile d’inventer une excuse.

Oui, je mange de la viande. Un peu trop, d’ailleurs. Mon corps a besoin de cet apport de protéines. Oui, je pourrais faire l’effort de les trouver ailleurs. Mais pour l’instant, même pas envie. Quelle honte.

Oui, je laisse mes enfants jouer aux jeux vidéo. Ouh laaaa.. mère indigne.

Oui, j’ai pris des kilos (sûrement à cause du chocolat et de la viande). Mon image ne convient-elle donc plus à ce que la société exige des femmes-mères-parfaites?

Oui, je me laisse parfois submerger par mes émotions. Même souvent, en fait. Pour le coup j’oublie tout ce que j’ai appris sur la gestion des émotions. C’est nul.

Oui, des exemples comme ça, il y en a des tas. Et qu’est-ce que cela m’apporte ? Que de la mauvaise conscience. Ces petites voix qui s’incrustent au moindre petit choix que je fais. Finalement, j’ai toute la misère du monde à me reprocher.  

Quelle tuile d’être si imparfaite dans ce monde si parfait.

Monde parfait… Alors, voilà ma question : d’où vient cette culpabilisation ? Qui dit qu’il faut ou ne faut pas ? Qui peut imposer une manière de faire (ou ne pas faire) à toute une population ? Ceux qui transmettent ce genre de règles établies ont-ils toujours raison ?

Et si je reprenais chaque point et réfléchissais à “qui dit ça?” et “pourquoi ?”

Et si certaines choses convenaient à certaines personnes mais pas à d’autres ? Nous sommes tous différents, ne l’oublions pas. Alors pourquoi ne pas faire des efforts là où il y a du sens pour nous et nous écouter dans d’autres domaines ?

 

Après la pseudo liberté d’expression, y a-t-il encore une liberté de choix ?