Va où, va quand, vacances

Si, cher lecteur, tu t’intéresses un tant soit peu aux actualités, tu devrais être alors au courant que les vacances, c’est sacré ! Qu’il n’y a rien de pire que d’attendre des heures dans un aéroport (on est bien loin de Tom Hanks dans son Terminal), que d’avoir sa tente inondée ou que carrément, de rester chez soi à cause de son chat malade. Que les gens ont besoin de la TV pour donner des idées de « comment occuper vos enfants en vacances » parce qu’on n’est plus capable de savoir ce qui nous plaît. Que lors des vacances, l’écologie et la planète ne font plus partie des priorités.

Rappelons toutefois que les congés payés ne datent que du millénaire passé. Mmhhh, du siècle passé. Enfin, du milieu du XXe, quoi. Et le milieu du XXe, ça équivaut à l’âge de nos parents, non, pardon, de nos grands-parents, puisque nous sommes jeunes et beaux. Avant ça, pas de congés payés ! Il n’y avait que le travail qui rapportait un peu de pain à la maison. Mais aujourd’hui, c’est un droit, une obligation, et une raison de vivre. Notre société d’hyper loisirs est intransigeante avec ce sujet.

Il convient aujourd’hui de poster nos photos de vacances pour en faire profiter toute la population et d’afficher un bronzage parfait. Tant pis pour les risques. De la publication de photos, je veux dire. Et du bronzage, aussi. Affichons fièrement nos dernières escapades. Et dire qu’avant les congés payés, le bronzage était une marque d’esclavage… Il y a eu quelques modifications dans notre culture, depuis.  

Et puis il y a moi. Et d’autres, j’imagine. J’espère. Les tarés qui adorent leur job. Les vacances, ça fait du bien, certes ! Mais ce n’est pas la seule chose qui nous tient debout. Mais oui, ça existe, je vous assure.  Et il y a des tarés d’un autre genre : ceux qui ne partent pas. Ce n’est pas tant que le choix n’est pas assumé, c’est plutôt les remarques des autres (toujours les remarques des autres : c’est dans l’œil de celui…) :

Et toi, tu es partie un peu?

– Non, non. Juste terrasso à la casa.

– Ah, ouais. C’est bien aussi.

Ou alors, pire:

– Ah ouais. C’est bien aussi, des fois.

Et on se tourne vers d’autres personnes ayant des choses plus intéressantes à disserter.

Bon. Un peu plus sérieusement, le fait de parler des vacances n’est pas forcément anodin. Dans notre culture, ça passe pour la discussion standard, du genre « Oh, quel temps, aujourd’hui ! » ou « T’as vu les derniers trucs de Trump ? ». Bref, des banalités. Mais lorsqu’il faut, à chaque personne que tu rencontres, re-justifier son choix de ne pas partir, ça devient vite un peu pesant (c’est juste à ce moment-là que tu aimerais te retrouver ailleurs si tu vois ce que je veux dire !). Et évidemment, d’autant plus si ce n’est pas un choix. Parfois, les conditions ne sont juste pas réunies pour un départ en vacances. Il faut tout de même avoir à l’esprit que les congés, c’est bien pour se reposer et faire d’autres choses, mais partir en vacances, c’est un acte réservé aux personnes en bonne santé (et avec un petit pécule à y investir, soit dit en passant).